18 Daniela Andrier & Denis Polge

« Vous pouvez briller par vos richesses et des tenues toutes plus extraordinaires les unes que les autres, rien ne vous donnera autant d’allure qu’un beau parfum. Et cela, pour moi, c’est magique. » D.A

« Par dessus tout, je veux offrir quelque chose d’élégant et d’émouvant », confie Daniela Andrier. Et ses parfums sont ainsi: poétiques, saisissants et surtout, raffinés. Son style, tout en grâce et délicatesse, se reconnaît entre tous et ses créations sont identifiables en un instant. un iris terreux prend les allures d’un tulle fin et doux de jupon de ballerine. Une fleur d’oranger inspire une escapade sur la côte italienne réchauffée du soleil de la Méditerranée. Autant d’émotions olfactives qui illustrent son désir de partager sa vision de la beauté.

Pour 24, Daniela s’accorde au travail de Denis Polge son ami et artiste. Ils inventent ensemble un contenant et un contenu, à la délicatesse de la céramique blanche et fine répond une exquise senteur d’iris ,de musc et d’aigue-marine.

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17 Florence Belkacem

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Florence Belkacem est journaliste. Elle vit et travaille à Paris. Elle présente chaque soir à 19.55 h l’émission « Une Certaine Idée de la France » sur Radio Classique.

Sa passion pour les livres, son goût pour les beaux objets et les histoires à partager lui ont donné envie de proposer pour le calendrier une édition originale de l’Arrache- Coeur de Boris Vian. Il s’agit d’un exemplaire de 1953 en parfait état. Ce clin d’oeil à la littérature et à la fantaisie est aussi une sorte d’hommage à l’esprit de Saint-Germain-des-Prés.

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16 Iris de Moüy

 

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Iris de Moüy travaille et vit à Paris. Elle traverse les frontières du dessin, passant de l’illustration au dessin de mode, du livre pour enfants au Musée des Arts décoratifs. Son travail a déjà fait l’objet d’une exposition au Japon au musée du Manga à Kyoto lors de sa résidence à la villa Kujoyama. Elle réalise aussi des objets en céramique comme ceux exposés à la librairie OFR.

J’aime son trait d’une simplicité formidable, ce feutre qui pose en quelques notes de noir, de bleu et de rouge une infinité de sentiments nuancés.

Pour 24, elle choisit de présenter une installation comportant un grand panneau peint en papier de riz représentant un fantôme féminin – un collage (une petite fille et un renard) et l’un de ses nombreux carnets dessinés datant de l’année passée à la villa Kujoyama lorsqu’elle travaillait autour du thème des « fantômes » dans la culture japonaise.

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15 Nane Beauregard

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Nane beauregard est écrivain et psychanalyste.

Elle vit et travaille à Paris et dans le Perche.

L’objet qu’elle choisit de montrer pour 24 est dans le droit fil du travail d’écriture qu’elle mène depuis le début, en tout cas depuis son premier roman « J’aime » paru chez Pol, puis dernièrement dans « L’amour simplement », paru chez Losfeld/Gallimard, sur une possible définition de ce qu’est l’amour.
L’objet qu’elle montre aujourd’hui est une des formes que prend actuellement ce travail de toujours. A partir de photos volées de couples pris de dos dans la rue Nane  « écrit l’amour ». leur dos devient une page blanche  » entre eux, c’est cet espace sur lequel elle travaille, cet interstice, qui n’est ni chacun d’eux ni étranger à eux et à ce qu’ils sont mais encore autre chose, un impalpable …

« Cet impalpable ou ils se rejoignent un instant, à peine le temps de le dire, à peine le temps d’un clignement d’oeil, à peine le temps que la libélulle met pour traverser la rivière et c’est fini, chacun est déjà reparti chez soi, en soi, pour soi ». C’est cet entre-deux, que Nane poursuit inlassablement » à travers ces dos offerts dans un abandon consenti à la faveur de l’anonymat que permet la rue. »

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14 Philippe Renaud

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Philippe Renaud est historien d’art, scénographe (Musée des Art Décoratifs, Musées de Nancy et de Nantes, etc.) et décorateur. Il est aussi le directeur artistique d’une maison de lustres et s’occupe d’architecture intérieure (Daum, Soleiado, Mathieu Lustrerie). Son oeil curieux et éclectique parcourt des territoires variés…

Pour 24, il installe une terre cuite qui rappelle l’esprit de la Forêt Noire, et l’installe avec une irréverence calculée sur un siège néogothique. Humour et esprit décalé sont au rendez vous!

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13 Vincent Darré

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Comme les chats, il a eu plusieurs vies, glissant de la mode à la déco, faisant de ses maisons le laboratoire de son extravagante créativité. On le dit fantasque et baroque, Vincent Darré est surtout libre et agile. Sans doute son côté James Thierrée, dont il a la mèche, la tonicité et cette allure de dandy.

Célèbre pour ses créations baroques, pleines de fantaisie, qui flirtent avec le surréalisme, l’excentricité anglaise entre Jean Cocteau et Cecil Beaton, Vincent Darré est un personnage à part dans le monde de la décoration. Par ses origines tout d’abord : il vient de la mode où il a travaillé successivement chez Yves Saint Laurent, Montana, Prada, Chloé, puis bras droit de Karl Lagefeld chez Fendi, et directeur artistique de Moschino et Ungaro… Une carrière qu’il quitte en 2008 pour se consacrer à la création de meubles et d’objet décoratifs.

Dans un ravissant écrin de la Rue Mont Thabor à Paris, il commence par présenter une collection baptisée Ossobuco composée de chaises au dossier en vertèbres et de tables aux pieds en forme de fémur. Suivra la collection A l’Eau Dali, avec des appliques Octopus et une armoire Langouste ! Il y aura ensuite la collection Cadavres exquis… à rebours du design contemporain dont on vante l’élégante sobriété, Vincent Darré cultive la poésie, l’humour, la féérie, le clin d’œil.

Aujourd’hui, il tourne encore une page. Il a fermé la rue du Mont-Thabor, trop petit boudoir pour son nouveau projet : recréer un salon parisien au premier étage d’un immeuble à deux pas de la Concorde, un grand espace dans lequel il va pouvoir recevoir amis et clients au milieu de ses créations, de meubles anciens et de pièces de designers choisis. La nouvelle Maison Darré se trouve donc, au 13 rue Royale, un hommage au patrimoine vivant des arts décoratifs. Un art de vivre qui est, pour Vincent, très personnel, théâtral, aux références d’un passé inventé. La rue Royale fut l’adresse évidente porteuse du luxe indémodable d’un style français, ainsi qu’une réminiscence de la décoration dont la Maison Jansen en était le fleuron de l’époque. Le coup de foudre avec le 13 de la rue Royale a été immédiat, « Je suis superstitieux et c’est le 13 septembre à 13h, que j’ai eu rendez-vous pour visiter le 13 rue Royale alors que je suis né le 13 Janvier. Ces salons 18ème qui s’ouvraient à moi ce jour-là étaient tombés du ciel !».

Pour 24, Vincent présente une lampe araignée en laiton et poudre de marbre.

 

COLLECTION RENAISSANCE MVD - ARAIGNEE

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12 Edwina de Charette

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Derrière la marque d’accessoires en cuir LaContrie se cache avant tout une histoire d’exigence et de passion. Un goût quasi névrotique pour l’authenticité. Un regard proche de l’obsession pour le travail de la main sur le cuir. Ces caractéristiques sont celles d’Edwina de Charette de LaContrie, fondatrice de la marque et personnalité au parcours atypique que l’industrie de la mode affectionne. C’est presque par hasard que cet autodidacte s’est formé au métier de maroquinier, dans un de ces moments de creux nécessaire que la vie laisse parfois émerger.

Passée par Nova en tant qu’assistante de production, et à la rédaction en chef de Paris Dernière, Edwina vit un moment charnière de son existence à la fin des années 2000 où les notions de transmission et de durabilité s’imposent à elle comme une évidence. Elle se met alors en quête d’un sac. Le modèle ultime, le modèle d’une vie. Les it-bags sont à la mode, mais elle cherche l’essentiel. Un sac qui ne porte aucune autre marque que celle de la patine du temps et qu’elle pourra un jour transmettre à sa fille. L’œil de cette exigeante, formée depuis sa plus tendre enfance entre l’exubérance joyeuse d’un milieu d’aristocrates artistes et la rigueur d’une éducation chez les jésuites, sait exactement ce qu’il veut. Edwina a son modèle en tête et elle ne le trouve nulle part.

Pour atteindre cette perfection esthétique à un prix qui ne soit pas délirant, elle décide alors de faire faire son sac chez un artisan maroquinier. C’est une révélation. Elle tombe amoureuse du processus de création du sac, et le maroquinier de sa curiosité. Du sourcing des peaux à la technique, elle apprend tout. Il faut dire qu’Edwina a des facilités : à l’instinct, sans gabarit, ni symétrie, les volumes de ses sacs sont bons. Mais ce qui la passionne par-dessus tout c’est la matière, le cuir, qu’elle veut transformer le moins possible pour conserver sa simplicité dans tout ce que ce terme offre de plus noble. Coudre à la main du cuir la rend hystérique de joie. Une pratique qu’elle rapproche de l’hypnose pour la détente qu’elle procure.

En 2011, elle décide de se lancer avec en tête l’idée de proposer une autre manière de consommer un sac. Un acte d’achat pur luxe qui se rapprocherait du tailleur sur mesure, mais pour la maroquinerie. LaContrie nait et s’installe dans un atelier au 11, rue de la Sourdière à Paris. Edwina y réconcilie artisanat et business, intemporalité et modernité. Sa démarche est raisonnée, elle veut croître à son rythme sans brûler les étapes. Elle installe ensuite rapidement sa boutique en haut de son atelier pour donner vie à son projet et recevoir sa clientèle, à l’instar d’un tailleur, lui permettre d’échanger avec l’artisan, et de voir son modèle évoluer selon ses souhaits. Rohan, Sourdière, Rambuteau, Saint Roch, Marengo, Française, Feuillade ou encore Casanova… Les modèles sont intemporels et immuables comme elle le souhaitait, mais les combinaisons quasi infinies. une multitudes de combinaisons de matières,  de couleurs, sont proposées. Pour autant, la jeune chef d’entreprise s’autorise désormais le droit de faire de l’éphémère, des produits issus de collaborations qui l’amusent comme celles avec Off-White ou encore Holiday. Signe du succès, en juin 2017, LaContrie fait partie des trois finalistes au Prix de l’accessoire de l’Andam.

Pour 24, Edwina a choisi de montrer une petite veilleuse en porcelaine des années 30 – celle-ci  représentant un petit chien blanc – dont elle dit faire la collection.