12 Edwina de Charette

photo-edwina.jpg

Derrière la marque d’accessoires en cuir LaContrie se cache avant tout une histoire d’exigence et de passion. Un goût quasi névrotique pour l’authenticité. Un regard proche de l’obsession pour le travail de la main sur le cuir. Ces caractéristiques sont celles d’Edwina de Charette de LaContrie, fondatrice de la marque et personnalité au parcours atypique que l’industrie de la mode affectionne. C’est presque par hasard que cet autodidacte s’est formé au métier de maroquinier, dans un de ces moments de creux nécessaire que la vie laisse parfois émerger.

Passée par Nova en tant qu’assistante de production, et à la rédaction en chef de Paris Dernière, Edwina vit un moment charnière de son existence à la fin des années 2000 où les notions de transmission et de durabilité s’imposent à elle comme une évidence. Elle se met alors en quête d’un sac. Le modèle ultime, le modèle d’une vie. Les it-bags sont à la mode, mais elle cherche l’essentiel. Un sac qui ne porte aucune autre marque que celle de la patine du temps et qu’elle pourra un jour transmettre à sa fille. L’œil de cette exigeante, formée depuis sa plus tendre enfance entre l’exubérance joyeuse d’un milieu d’aristocrates artistes et la rigueur d’une éducation chez les jésuites, sait exactement ce qu’il veut. Edwina a son modèle en tête et elle ne le trouve nulle part.

Pour atteindre cette perfection esthétique à un prix qui ne soit pas délirant, elle décide alors de faire faire son sac chez un artisan maroquinier. C’est une révélation. Elle tombe amoureuse du processus de création du sac, et le maroquinier de sa curiosité. Du sourcing des peaux à la technique, elle apprend tout. Il faut dire qu’Edwina a des facilités : à l’instinct, sans gabarit, ni symétrie, les volumes de ses sacs sont bons. Mais ce qui la passionne par-dessus tout c’est la matière, le cuir, qu’elle veut transformer le moins possible pour conserver sa simplicité dans tout ce que ce terme offre de plus noble. Coudre à la main du cuir la rend hystérique de joie. Une pratique qu’elle rapproche de l’hypnose pour la détente qu’elle procure.

En 2011, elle décide de se lancer avec en tête l’idée de proposer une autre manière de consommer un sac. Un acte d’achat pur luxe qui se rapprocherait du tailleur sur mesure, mais pour la maroquinerie. LaContrie nait et s’installe dans un atelier au 11, rue de la Sourdière à Paris. Edwina y réconcilie artisanat et business, intemporalité et modernité. Sa démarche est raisonnée, elle veut croître à son rythme sans brûler les étapes. Elle installe ensuite rapidement sa boutique en haut de son atelier pour donner vie à son projet et recevoir sa clientèle, à l’instar d’un tailleur, lui permettre d’échanger avec l’artisan, et de voir son modèle évoluer selon ses souhaits. Rohan, Sourdière, Rambuteau, Saint Roch, Marengo, Française, Feuillade ou encore Casanova… Les modèles sont intemporels et immuables comme elle le souhaitait, mais les combinaisons quasi infinies. une multitudes de combinaisons de matières,  de couleurs, sont proposées. Pour autant, la jeune chef d’entreprise s’autorise désormais le droit de faire de l’éphémère, des produits issus de collaborations qui l’amusent comme celles avec Off-White ou encore Holiday. Signe du succès, en juin 2017, LaContrie fait partie des trois finalistes au Prix de l’accessoire de l’Andam.

Pour 24, Edwina a choisi de montrer une petite veilleuse en porcelaine des années 30 – celle-ci  représentant un petit chien blanc – dont elle dit faire la collection.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s